Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Actualités des droits de l'enfant

France : les enfants de la Creuse, vers une reconnaissance de la responsabilité de l’Etat ?

Cet épisode de l’histoire française, très connu à la Réunion, moins en métropole, est communément appelé l’affaire des « Enfants de la Creuse » ou des « Réunionnais de la Creuse ». En effet, de 1963 à 1982, 1 630 enfants réunionnais « abandonnés ou non » et immatriculés de force par les autorités françaises à la DASS (Direction des Affaires Sanitaires et Sociales) furent déplacés par les autorités dans le but de repeupler les départements métropolitains victimes de l’exode rural comme la Creuse, le Tarn, le Gers, la Lozère, les Pyrénées-Orientales. Dans les années 1960-1970, l'île connaît une explosion de la natalité tandis qu'en métropole, les départements évoqués précédemment subissent une chute démographique.

Ce déplacement d’enfants fut organisé sous l’autorité de Michel Debré, député de La Réunion à l’époque pour contribuer au « repeuplement de la Creuse par l'immigration d'enfants réunionnais » en échange de promesses d'avenir et de retour au pays natal. Le scandale a éclaté le 30 janvier 2002, lorsque Jean-Jacques Martial, un Réunionnais exilé en 1966, dépose plainte pour « enlèvement et séquestration de mineur, rafle et déportation ».

Les enfants réunionnais déplacés en Creuse étaient accueillis lors de leur arrivée dans un foyer de Guéret. Puis ils étaient envoyés dans des familles d'accueil ou chez des paysans à travers la Creuse qui les utilisait comme « bonne à tout faire » ou « travailleur sans salaires ». Heureusement, si l’on peut dire, d’autres ont eu la chance d’avoir des familles d’accueil aimantes.

Cinquante ans après, ces enfants devenus adultes, attendent encore que l'Etat français fasse son mea culpa. Cette affaire, sera évoquée mardi à l'Assemblée nationale où les députés seront amenés à se prononcer sur une « résolution mémorielle » et sur la « responsabilité morale de l'Etat ». A l'origine de cette initiative, Erika Bareigts, députée PS de la Réunion, qui souhaite que cette « énorme blessure individuelle et collective soit enfin réparée ».

Pour tous ces enfants, ce serait un drame si l'Assemblée s'oppose à cette reconnaissance historique car L'Etat a failli, l'Etat a menti au nom d'un projet politique.

JCC

(Source : Assemblée Nationale : photo : stèle implantée à La Réunion, à l’aéroport Roland-Garros, dédiée aux enfants de la Creuse)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - immigration

commentaires

Gasp 28/05/2016 16:55

Bonjour
Je viens de lire votre article. Juste poyr une information complementaire, la migration d'enfants dit pupille de l'Etat etait aussi pour une manoeuvre autre que le repeuplement de la Creuse. Comme vous le mentionner dans votre ecrit, il y a les autres departements. C'est tres reducteurs que de mentionner le repeuplement, je me vois a continuer mes invistigations dans un autre domaine pour avoir la source reeelle de ce qui a decide une telle mise en oeuvre de cette politiquede migrationn. Les elus de la Reunion avaiernt ils peur de ces jeunes reunionnais?
Car dans toutes les informations sur ce sujet il y en a beaucoup qui m'interpelle.
Depuis puis d'une dicenie, je fais des recherches.
Je suis Marie Therese Gasp, ex pupilles et deplacees vers la Creuse ,
Je vous remerci de votre attentin

D.Foucher

Hébergé par Overblog