Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Actualités des droits de l'enfant

France : le bilan de Marie Derain, défenseur des enfants

Il a quelques jours, j’évoquais le fait que Marie Derain, actuelle Défenseure des enfants, ne pourrait pas continuer ses missions après la nomination de Jacques Toubon au poste de défenseur des droits. En effet, la disparition du Défenseur des droits, Dominique Baudis, entraînait de fait la fin anticipée du mandat de ses adjointes, dont celui de Madame Derain (voir article précédent).

Aujourd’hui, la mission de la Défenseure des enfants, qui est de défendre et de promouvoir l'intérêt supérieur et les droits de l'enfant, s’exerce selon deux modalités : la protection par l’examen des réclamations qui sont adressées directement à la défenseure des enfants mais également la promotion de leurs droits, dans toute leurs dimensions et en l’adaptant à l’âge et aux capacités de compréhension et d’expression des enfants.

Il y a quelques jours, Marie Derain accordait un entretien à l’association « SOS Villages d’enfants » pour dresser le bilan de son action. Elle y évoque les avancées réalisées mais dégage aussi des pistes de travail pour son (ou sa) successeur. En voici le résumé :

Selon elle, le respect des droits des enfants en France constitue une préoccupation majeure, mais un certain nombre de facteurs n’y sont pas favorables : la dégradation des conditions de vie des adultes, qui affecte inévitablement les enfants, l’accélération du temps, la pression que le monde du travail génère, les effets de la crise qui pèsent indirectement mais surement sur chaque enfant. Cette situation est d’autant plus difficile à comprendre s’agissant de la France que d’autres pays, également exposés à ces phénomènes, ont su malgré tout mettre réellement les enfants au cœur de leurs préoccupations et de leurs politiques publiques.

Ainsi, elle déplore l’absence de pilotage national et transversal de l’enfance et plus particulièrement de la protection de l’enfance. Elle pense que des progrès restent aussi à faire pour mieux prendre en compte la situation des enfants lorsque des couples se séparent.

Elle indique cependant que des évolutions très positives ont eu lieu et en particulier la prise en compte progressive au niveau politique des sujets liés à l’enfance ce qui permet, selon elle, de soulever la question de l'intérêt des enfants et de laisser une plus juste place aux enfants dans l’organisation de la société. Elle a ainsi constaté que l’intérêt supérieur de l’enfant s’impose plus naturellement aujourd’hui.

Par ailleurs, elle trouve encourageante la manière dont les acteurs de la vie de la cité aspirent plus couramment et profondément aujourd’hui à défendre les droits des enfants non pas comme les « petits droits de petits êtres » mais comme des droits aussi fondamentaux que ceux des adultes. Il y a des situations emblématiques de cette évolution dont elle se félicite : par exemple le fait qu’à la suite de l’intervention du Défenseur des droits en 2012 le placement des familles avec enfant(s) en centres de rétention administrative ne soit plus le principe mais que ces familles soient désormais assignées à résidence ; ou encore le fait que l’Institution ait pu être écoutée et entendue sur la nécessaire prise en compte de l'intérêt de l’enfant à l’occasion de l’examen de la proposition de loi sur l’égalité femme/homme s’agissant de la résidence alternée.

Sur un autre plan, elle regrette que la Convention relative aux droits de l'enfant demeure trop méconnue du grand public, adultes et enfants, mais aussi des professionnels de l’enfance et de la protection de l’enfance, contrairement à d’autres pays, en particulier du nord de l’Europe et le Canada, qui ont su faire partager une culture de la bienveillance à l’égard de l’enfance.

Pour elle, il faut tout mettre en œuvre pour mieux faire connaître cet engagement international, notamment auprès des professionnels car elle trouve anormal que certains professionnels de l’enfance, dont des médecins ou des pédiatres, n’en aient pas connaissance et ne sachent pas toujours vers qui se tourner quand une situation de danger ou de risque de danger se présente et qu’elle doit être signalée.

C’est pourquoi, elle espère que la célébration des 25 ans de la Convention relative aux droits de l'enfant, qui aura lieu le 20 novembre prochain, soit l’occasion de rappeler aux adultes leur responsabilité vis-à-vis des enfants, autant en termes de protection que de promotion de leurs droits.

Elle évoque ensuite la difficile question de l’enfance en danger et indique que le nombre de saisines augmente chaque année. Elle s’interroge ainsi sur les motifs de cette augmentation qui pourrait montrer une augmentation « objective » des situations ou une meilleure connaissance de l’Institution. Une consultation, menée auprès d’enfants par l’UNICEF, montre en effet que près d’un enfant sur deux sait qu’il existe auprès du Défenseur des droits, la défenseure des enfants et qu’il peut y recourir.

Les chiffres des saisines indiquent que les pré-adolescents de 11 à 15 ans sont surreprésentés parmi les situations qui sont soumises à l’institution. 41% des réclamations concernent la protection de l’enfance. Mais elle indique que derrière ces chiffres, il existe des situations dramatiques, telles que celle de la petite « Marina » ou des enfants de « Pavillon-sous-Bois », qui ne sont pas traitées comme elles le devraient (affaire de maltraitances d’enfants qui ont fait la « une » de l’actualité ces derniers mois).

Selon Marie Derain, trop d’enfants échappent aux systèmes d’alerte et/ou ne bénéficient pas des réponses adaptées à leurs besoins. C’est pourquoi elle préconise de tout faire pour que chaque citoyen soit sensibilisé aux droits des enfants et sache vers qui se tourner quand une situation semble le justifier.

Elle évoque ensuite le Comité d’Entente qu’elle avait proposé au Défenseur des droits de mettre en place dès la fin de l’année 2011 et dans lequel siège des organisations non gouvernementales, des associations et des institutions de protection de l’enfance. Selon Marie Derain, il a permis de donner une dimension mieux structurée et plus efficace aux échanges des différents partenaires. Par ailleurs, elle indique qu’il permet de mieux coordonner des actions communes, de mieux mobiliser les forces vives sur des sujets partagés.

Enfin, elle indique « qu’une Défenseure des enfants ne s’use que si on ne la sollicite pas ». C’est pourquoi elle appelle tous les acteurs susceptibles de contribuer à la défense des droits des enfants et à leur promotion à solliciter le défenseur des enfants et à échanger avec l’institution. Pour Marie Derain, « cette collaboration ne peut que contribuer à une meilleure prise en compte des enfants dans la vie publique de notre pays ».

En conclusion, elle émet un vœu : « celui de dépasser la dimension technique des missions du défenseur des droits en s’appuyant sur les valeurs et la vision qui les fondent. Concrètement c’est envisager un projet de société avec une place pour les enfants ».

JCC

(Source : SOS Villages d’enfants)

Voir l’intégralité de l’entretien sur le site de SOS Villages d’enfants

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - défenseur des enfants

commentaires

michel bulens 10/09/2014 16:50

bonjour moi jai mes enfants au sos villages denfants de marly dans le nord et logikement etaient places provioirement 6 mois en definitif kand ils sont la bas il les rendent plus ou seuleument a leur majorites cest des voleur denfants car il coupe tous les lien avec la famille vivement ke je les recupere car ca va faire 4 ans kils sont la bas en plus ils ont de la violences sur eux et sans oublier ke ils y en a certains ke vla comment ils devienne ils vole il devienne violent et font des degradations et ce mettent a fumer et voir a boire voila pourkoi je prefere les recuperer

BERTRAND 10/09/2014 15:57

partager sur mon groupe ton articles

Hébergé par Overblog