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Actualités des droits de l'enfant

France : « Bébé Tigre » un film qui dénonce l’exploitation des enfants indiens en France

Un collège de Seine-Saint-Denis, en banlieue parisienne. Many, le personnage principal de Bébé Tigre, est en apparence un adolescent comme les autres. Le jeune Indien de 17 ans a été pris en charge par l’Etat français à son arrivée en France il y a deux ans. Ses parents, restés au pays, se sont lourdement endettés pour le faire venir dans l’Hexagone, via un réseau plus ou moins légal. La mission du jeune homme ? Travailler et envoyer le maximum d’argent à sa famille au Penjab.

La caméra suit Many, qui partage sa vie entre l’école, ses copains et sa petite amie, tout en restant en contact permanent avec sa communauté sikh. Accueilli par une famille, il est suivi par un éducateur. Nombre de ses compatriotes n’ont pas eu cette « chance ». Car la plupart des garçons se retrouvent soit exploités, soit sans travail. Et comme si cela ne suffisait pas, pour se débarrasser de quelques-uns d’entre eux, les passeurs n’hésitent pas à les abandonner devant des organismes sociaux, surtout lorsqu’ils ne sont plus « rentables », ou quand ils commencent à leur poser problème.

D’autres passeurs encore, une fois l’argent du voyage empoché, ne vont même pas récupérer les nouveaux arrivants à l’aéroport. Pour chaque enfant, les parents ont dû verser à des gens sans scrupule entre 13 000 et 17 000 euros, avec la garantie d’un logement et d’un emploi, voire de brillantes études. On leur a promis l’eldorado, il n’en est rien.

Une fois en France, on leur confisque leur passeport afin que la police ne puisse pas les identifier ni remonter jusqu’aux passeurs. Entre les cours, Many travaille au noir dans le secteur du bâtiment pour le compte d’un truand de sa communauté. Mais bientôt, la pression s’accroît. D’abord, de la part de ses parents qui, au téléphone, lui rappellent ce en quoi consiste sa « mission » et réclament toujours plus de sous pour rembourser la dette contractée pour son voyage.

Ensuite, de la part de son « employeur », de plus en plus exigeant, et aussi de son éducateur et de ses professeurs, inquiets de ses absences répétées en classe. Une pression externe, mais également interne. Dans sa tête, le jeune homme se dit qu’il ne peut pas faillir à sa tâche. Retourner en Inde serait synonyme d’échec. De plus, ceux qui rentrent sont reniés par leurs parents. D’aucuns finissent par craquer et sombrent dans la dépression. Ce ne sera pas le cas de Many, que le réalisateur compare à un bébé tigre, puisque l’adolescent saura sortir ses griffes à temps.

Tourné en sept semaines avec un budget de seulement 1,7 million d’euros (alors que le budget moyen pour un long métrage réalisé en France varie de 6 à 25 millions d’euros), « Bébé Tigre » dénonce avec efficacité la traite d’enfants indiens et tente de convaincre les familles que l’envoi de jeunes en Europe ne doit pas devenir une fin en soi, car la vie sur place est loin d’être facile.

Chaleureusement applaudi par le public du 29ème Festival international du film francophone de Namur (Belgique), le film doit sortir sur les écrans français le 28 janvier 2015.

JCC

(Source : Haut et Court)

« Bébé Tigre », un film de Cyprien Vial avec Harmandeep Palminder , Elisabeth Lando , Vikram Sharma

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - Cinéma

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