Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Actualités des droits de l'enfant

France : près de la moitié des adolescents sont en souffrance

En juin dernier, un sondage (IPSOS), qui avait mobilisé près de 800 adolescents, démontrait qu'ils allaient plutôt bien. Ils étaient 74% à indiquer qu'ils sont heureux de ce qui leur arrive dans leur vie (voir article précédent). Un rapport, publié fin septembre par l’Unicef France vient contredire ce sondage. En effet, l’organisation pointe les problèmes de l’adolescence et le danger des réseaux sociaux.

Au cours de trois mois d'enquête menée en France de mars à mai 2014, Unicef France a interrogé plus de 11.000 jeunes âgés de 6 à 18 ans. Le résultat de cette deuxième consultation nationale intitulée « Ecoutons ce que les enfants ont à nous dire » montre que plus la vie des adolescents est précaire et plus leur intégration sociale est difficile. Plus les privations matérielles sont fortes, plus le malaise est profond. Il existe ainsi un « cumul » des inégalités. C’est cette logique implacable que met en avant le rapport de l'Unicef.

7 % des jeunes participants à l’étude sont en situation de privation matérielle. Le taux passe à 24% pour les plus de 15 ans. C'est cette population qui est la plus exposée aux tensions familiales, à l'échec scolaire, voire aux idées morbides. Selon l'enquête, plus de 42 % des adolescents en situation de privations confient avoir pensé au suicide contre 24 % parmi ceux qui n'entrent pas dans cette catégorie.

81% des participants ont avoué qu’il leur arrivait d’être tristes ou « cafardeux », 52% de n’avoir plus goût à rien. L’alcool est de consommation habituelle, jusqu’à l’ivresse, pour 41% des plus de 15 ans. La drogue, pour 32%. Une fois encore, ce sont les adolescents les plus démunis qui sont le plus sujets aux conduites addictives. Le plus tentés, aussi, par le suicide, question par ailleurs « fortement présente » à l’esprit des adolescents sollicités. 32% reconnaissent qu’il leur est arrivé d’y penser. 12% qu’ils ont tenté de mettre fin à leurs jours.

Le harcèlement sur les réseaux sociaux joue un rôle crucial dans le passage à l’acte, multipliant les risques par trois, s’alarme l’Unicef. Ces réseaux développent les liens sociaux des ados qui y sont présents à près de 90%. Mais le manque de « popularité », la critique, le harcèlement les entraînent dans une angoisse relationnelle qui explique les tentatives de suicide.

Autre intérêt de l’étude : l’impact confirmé des séparations parentales dans le mal-être adolescent.

Enfin, pour les ados, l’école est une source de difficultés relationnelles et de peur. Plus d'un tiers des enfants et adolescents (34,3 %) disent avoir été harcelés ou ennuyés par des camarades, et près d'un quart (24 %) s'y sentent en insécurité par rapport à des adultes. Plus de 45 % se déclarent vraiment angoissés de ne pas réussir assez bien scolairement, une proportion plus forte chez les jeunes issus de milieux économiquement défavorisés.

Ils sont néanmoins 83 % à dire qu'ils peuvent recevoir l'aide d'un professeur pour faire leurs devoirs et 86 % qu'ils se sentent en sécurité à l'école. Enfin, 93 % déclarent y apprendre à respecter leurs camarades et les membres de la communauté éducative. Preuve que l'école remplit au moins en partie ses missions, indique le rapport.

JCC

(Source : UNICEF)

Voir le rapport

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - ad, Situation des adolescents

commentaires

Hébergé par Overblog