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Actualités des droits de l'enfant

France : même morts, les enfants ROM sont discriminés

Le parquet d'Evry (Essonne) vient d'ouvrir une enquête préliminaire pour discrimination après l'affaire du refus d’inhumer un bébé mort subitement à Champlan au lendemain de Noël. A la demande des parents, une entreprise de pompes funèbres de Corbeil-Essonnes avait pris contact avec la municipalité pour obtenir l'autorisation d'inhumer le nourrisson dans le cimetière de Champlan, mais son maire aurait refusé. Ce dernier nie avoir refusé d'enterrer le nourrisson dans le cimetière de sa commune et évoque « une erreur de compréhension dans la chaîne de décision entre ce qu’ils pouvaient faire et ne pas faire ».

Le bébé a finalement été inhumé lundi à Wissous (une commune située à quelques kilomètres de Champlan).

La polémique a enflé tout le week-end, élus et associations fustigeant, à juste titre, l'attitude de la mairie de Champlan. Certes, il faut prendre beaucoup de recul, ne pas sonner l’hallali avant d’avoir fait toute la lumière sur la réelle responsabilité de ce maire.

Mais les arguments qu’il avance sont plus que détestables : « nous avons peu de places disponibles au cimetière (…) Il nous faut gérer les places au cas par cas, selon les circonstances, et si la famille habite sur place. Les concessions sont accordées à un prix symbolique et l’entretien coûte cher alors priorité est donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux ». Par ailleurs, hier, le site Médiapart a publié une lettre du maire aux habitants de Champlan édifiante et pour le moins stigmatisante.

Ces faits démontrent que les messages de haine martelés par le Front National, Eric Zemmour et bien d’autres deviennent petit à petit une vérité dans la tête de ces français qui cherchent des boucs émissaires à leurs difficultés.

De son côté, le Défenseur des Droits, Jacques Toubon a décidé de se « saisir d'office de la situation créée par le refus d'inhumer un bébé rom ».

Le Défenseur des droits dispose en effet de plusieurs moyens d’actions dont la mise en œuvre de « solutions contraignantes » pour « recommander à l’administration de prendre des sanctions contre une personne physique ou morale, publique ou privée, soumise à autorisation ou agrément administratifs, qui serait à l’origine d’une discrimination » (à lire sur le site internet de l’institution).

La famille vit à l'entrée de la commune de Champlan, dans un bidonville clôturé, sans eau ni électricité, à proximité d'une petite usine, entouré par des voies rapides et des champs, quasi au bout des pistes de l'aéroport d'Orly. La famille, qui souhaitait pouvoir se recueillir tous les jours sur la tombe de sa fille, devra se déplacer à plusieurs kilomètres. La petite fille s’appelait Maria Francesca, elle avait deux mois et demi.

JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - discrimination

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