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Actualités des droits de l'enfant

France : stigmatisation  des enfants de confession musulmane, l’emballement dans la surenchère

Encore un enfant auditionné par la gendarmerie pour apologie du terrorisme. Cette fois, cela se passe à Villers-Cotterêts (Aisne). L’enfant de 9 ans est accusé d'avoir crié «Allah Akbar, vive le Coran » pendant une minute de silence en hommage à Charlie Hebdo.

L’enfant a été entendu le 15 janvier par la gendarmerie, en présence de son père. Problème, selon le Procureur de la République « il n’y a aucun témoin qui entend ce garçon de neuf ans venir dire "Allah Akbar, vive le Coran" ». Il s’agissait en fait d’un quiproquo entre deux enfants.

Le père de l’enfant a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et diffamation. Le Procureur a souhaité que les conclusions de l’enquête servent pour l’avenir à « éviter de s’emballer inutilement ».

Hier, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet, intervenant sur BFM-TV, qui dénonce le fait qu’à Mulhouse « des dizaines d’enfants arrivent tous les jours en retard parce qu’ils sont à la prière où ils sont emmenés par leurs parents ». Et de rajouter : « je dis que la dérive radicale, c’est une maltraitance. Cela le conduit où, l’enfant, de ne pas aller à l’école et d’aller à la prière à la place ? ». Ce faisant, la vice-présidente de l’UMP fait une proposition : le placement de ses enfants en dehors de leur famille !

Interrogé par France TV Info, le maire de Mulhouse fait dans la nuance en indiquant que « les enfants ne sont pas eux-mêmes à la prière ». Et s’il évoque bien « plusieurs témoignages » d'enseignants et de directeurs, il refuse de parler de dizaines d'enfants, évoquant plutôt « quelques cas isolés ». Le phénomène évoqué semble donc marginal. Contactés par France TV Info, plusieurs syndicats d'enseignants et de parents d'élèves ne sont même pas au courant de ce « problème ».

Il y a quelques jours, j’évoquais déjà ce risque d’amalgame et de stigmatisation (voir article précédent), où je décrivais les premiers effets des attentats sur les enfants de confession musulmane. Mais je n’imaginais pas que l’on puisse soupçonner sérieusement des enfants de 8 ou 9 ans de faire « l’apologie du terrorisme ». Je n’imaginais pas que des femmes et des hommes politiques, dits « Républicains », donnent dans cette surenchère qui les conduit à faire de ces enfants les boucs émissaires de leurs propres échecs. Car, pêle-mêle, ils accusent l’école, les prisons, les banlieues, les parents et maintenant les enfants.

Aucune leçon n’aura donc été tirée de l’épouvantable massacre de début janvier ? Non, ils continuent tous, comme avant, poursuivant leur entreprise de démolition d’une société déjà bien éclatée. Les profiteurs d’abime s’en amusent, ils n’ont qu’à regarder, se tenir en embuscade et laisser les électeurs s’exprimer. Ce fut le cas ce week-end dans le Doubs. S’ils continuent, se sera aussi le cas en 2017.

Un vent mauvais souffle à nouveau sur la France, si nous n’y prenons pas garde, il risque de se transformer en tempête brune qui balayera tout sur son passage.

JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - discrimination

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