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Actualités des droits de l'enfant

Mali : les petits forçats  exploités dans les carrières

Des centaines d’enfants, filles et garçons, sont soumis à l’une des pires formes du travail des enfants : être exploités dans les carrières du pays.

Ils sont employés à diverses tâches : concasser les pierres ou les ramasser ou encore les transporter en brouette. Outre le caractère physiquement harassant de ce travail, les enfants sont exposés à des risques de surdité du fait des explosions de mines. Sans oublier le risque très élevé d’accidents occasionnés par les fréquentes chutes de pierres auquel il faut ajouter les conséquences de l’ingestion à fortes doses de poussière.

La majorité des enfants employés dans ces carrières ne vont plus à l’école. Ils travaillent pour le compte de leurs parents soit pour des exploitants contre rémunération. Payés à la journée, nombreux sont les enfants qui perçoivent un salaire mensuel. Leurs employeurs leur garantissent leurs trois repas quotidiens et un salaire mensuel de 20.000 à 22.500 francs CFA (entre 30 et 34 €).

Dans les carrières, les filles sont souvent utilisées comme vendeuses ambulantes. Elles sillonnent la carrière et proposent de l’eau fraiche, des jus de « bissap » (boisson faite à partir de fleurs d’hibiscus séchées) et de « gingembre », etc. Elles sont en effet nombreuses à être soutien de famille aujourd’hui. A peine sorties de l’enfance, elles effectuent des travaux pénibles au lieu d’aller à l’école.

Les conventions internationales contre le travail des enfants peinent pour le moment à empêcher ce phénomène qui commencent à interpeller les pouvoirs publics et les parents grâce notamment aux actions des ONG sur place (UNICEF par exemple). Selon la dernière enquête nationale sur le travail des enfants réalisée en 2005, environ deux enfants sur trois âgés de 5 à 17 ans sont économiquement actifs, soit environ 3 millions de mômes, dont 93% sont des enfants économiquement actifs et âgés de 5 à 14 ans. Ils exercent un travail pénible et 40% de la même tranche d’âge effectuent un travail dangereux.

Face à cet état de fait, le gouvernement malien a décidé d’intensifier la sensibilisation du public sur la question, de renforcer la prévention et la répression des infractions au regard du Code de travail et d’intégrer la lutte contre le travail des enfants dans le Cadre stratégique de la lutte contre la pauvreté.

Mais la pauvreté n’explique pas tout, car la terrible situation de ces enfants est également due, à l’analphabétisme, à la persistance de pratiques coutumières et au manque de moyens de l’État et des collectivités territoriales. Ainsi, en dehors du problème du travail, la situation des enfants maliens reste aussi difficile pour l’accès à la santé et à l’éducation.

JCC

(Source : l’Essor)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - travail des enfants

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