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Actualités des droits de l'enfant

France : les enfants dans la grande guerre

Aujourd’hui la France marque la fin de la première guerre mondiale. La grande guerre s’est en effet achevée le 11 novembre 1918. Comme tout le reste de la population, les enfants ont subi la guerre, et ont vu leurs conditions de vie bouleversées. Mis à contribution dans ce conflit, ils ont participé à l'effort de guerre, mobilisés à la fois comme vecteur et cible de la propagande.

La guerre est d’abord un évènement affectif pour eux, car tous ont perdu un parent proche, parti au front et beaucoup deviennent orphelins. Ils seront dès 1917 considérés comme « pupille de la nation ».

Les adolescents remplacent le travail masculin dans les champs et dans les usines pour obtenir un salaire et soulager un peu le travail maternel. Ils deviennent tourneurs d’obus, lamineurs, « poinçonneurs de casques », vendeurs de journaux et livreurs.

Les pénuries alimentaires ou les insuffisances caloriques entrainent une détérioration sanitaire, notamment en ville : 50% des enfants sont sous-alimentés, maigres ou anémiques. En 1917, la taille moyenne est de 2 à 3 cm inférieure à celle de 1913.

Mais les enfants sont aussi les destinataires d'un discours officiel et familial qui cherche à les intégrer à l'effort de guerre, car ils en apparaissent comme la principale justification : si la France est en guerre c'est pour assurer un meilleur avenir à ses enfants. Cette mobilisation intellectuelle et morale des enfants se fait principalement par l'école et les loisirs de plus l'enfance se voit être instrumentalisée.

Ainsi l'image culpabilisatrice de l'enfant, devient la cible de la propagande à l'intérieur de sa famille et est constamment employée dans les affiches, celles de recrutement notamment. Mais l'enfant lui-même est embrigadé à la fois par l'école, les Églises, ses lectures et même ses jeux. L'enfant doit donc à son tour servir sa patrie, et on attend un comportement exemplaire de ce futur soldat et de cette future infirmière, puisque les rôles sociaux attribués aux filles et aux garçons sont nettement séparés.

A l'école la guerre sert de support pédagogique aux manuels de toutes les matières, sujet de réflexion et d'exercices dans lesquels sont exaltés le devoir patriotique, le sacrifice des soldats, et est exacerbé le ressentiment contre l'ennemi. Les Églises quant à elles voient dans la guerre un moyen de fortifier la foi juvénile par une éducation morale reposant sur l'idée du sacrifice expiatoire et le développement des pratiques religieuses, à travers des mouvements de prière comme « la croisade des enfants » en France.

Les fabricants et commerçants exploitent eux aussi le thème de la guerre pour offrir aux enfants des loisirs militarisés : les lectures (livres et périodiques), les jouets font l'objet d'une production commerciale censée s'adapter aux attentes des enfants. Dès Noël 1914, les jouets guerriers représentent 50 % des nouveautés de l'année des grands magasins comme le Printemps ou les Magasins du Louvre. Armes factices, jeux d'adresse ou de stratégie entretiennent l'ardeur patriotique juvénile tout en réalisant des profits. En sont témoins ce zeppelin miniature représentant la fierté technologique allemande, ainsi que cette affiche publicitaire du grand magasin la Samaritaine, où un enfant découvre les jouets guerriers à la mode en ce Noël 1917.

C'est la première fois que les enfants ont été autant impliqués à un conflit d'adultes. L'avenir de l'ensemble de l'humanité était remis en question par les belligérants, ce qui explique que même les plus jeunes y participaient.

JCC

(Source : historial de la grande guerre)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - enfants face à la guerre

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