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Actualités des droits de l'enfant

Paraguay : l’enfer des « Criaditas »

Face à l’extrême pauvreté et à l’absence de services étatiques dans les campagnes isolées, des milliers de Paraguayens se résignent à envoyer leurs enfants vivre dans une autre famille. L'enfant part en ville et devient « criadita ». Contre une contribution aux tâches domestiques, la famille d’accueil lui promet soins et éducation de qualité. Une pratique ancrée dans les mœurs de la société paraguayenne mais souvent à l’origine des pires violations des droits de l’enfant.

Les criaditas, estimés à 50 000, sont pour la plupart issus des zones rurales isolées. Le conflit meurtrier qui oppose de grands propriétaires terriens producteurs de soja et des familles pratiquant la culture vivrière ne fait qu’accélérer l’exode des enfants de paysans et d’indigènes. Quand des parents envoient leur enfant dans une famille d’accueil c’est normalement la promesse de lui faire assister aux cours dans la même école que ses propres enfants, de lui prodiguer soins et bien-être, en échange de quelques services domestiques.

Mais selon l’ONG « Global Infancia », la famille d’accueil tient très peu souvent sa promesse. La majorité de ces enfants vit dans des conditions d’« esclaves modernes ». Au Paraguay où un enfant sur quatre travaille au champ, à la mine, dans la construction ou comme vendeur ambulant, la position d’esclave moderne est la pire forme de travail infantile, car dans la maison d’adultes étrangers, caché de la vue de tous, l’enfant est exposé à la maltraitance, à l’abus, au viol.

Souvent, les criaditas s’échappent de la maison de leurs maîtres à l’adolescence. Mais, ayant perdu tout lien avec leur famille d’origine, ils se retrouvent à la rue. Là, ils sont exposés à d’autres types de trafic. 80% des criaditas sont des filles.

L’ONG interpelle donc le gouvernement paraguayen : « aujourd’hui, c’est une terrible injustice que des enfants aient à vivre chez des étrangers où ils s’exposent à toute sorte d’abus pour espérer avoir accès à des services basiques comme l’éducation ou la santé. L’Etat a une dette envers cette enfance perdue ».

JCC

(Source : Global Infancia)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - Esclavage moderne, travail des enfants

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