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Actualités des droits de l'enfant

Yémen : des écoles prises pour cible

C’est un conflit dont on entend peu parler. Pourtant, la situation de ce pays est dramatique. Le Yémen est majoritairement musulman et sunnite et est situé au sud de la péninsule arabique. Il partage ses frontières avec l’Arabie saoudite au nord et avec le sultanat d’Oman à l’est. Il compte 26 millions d’habitants.

En février 2011, le Yémen emprunte le même chemin que la Tunisie dans la mouvance des « Printemps Arabes ». Cette fois, c'est le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, dont l'autorité est contestée et qui quittera finalement le pouvoir six mois plus tard, début 2012.

Le nouveau président lance, en 2013, un processus de dialogue national afin d'élaborer une nouvelle constitution et de préparer des élections pour 2014. Mais le projet envisage d’accorder aux zaydites, une communauté chiite dont sont issus les rebelles « Houthis », un territoire sans accès à la mer. Cela, ajouté à l’apparente incapacité du gouvernement à résoudre les problèmes économiques et sociaux du pays, conduit les « Houthis » à prendre les armes.

Forcé de collaborer dans un premier temps, le président Hadi finit par fuir la capitale, le 21 février. Il se réfugie à Aden, ville portuaire cruciale pour le trafic maritime, que les « Houthis » entreprennent alors d'assiéger.

La guerre a fait au moins 6 000 morts et 28 000 blessés. Une coalition, dirigée par l’Arabie Saoudite, tente de régler le conflit militairement. Dans ce cadre, plusieurs frappes aériennes ont été menées contre des établissements scolaires.

L’ONG « Amnesty International » a enquêté sur cinq frappes aériennes contre des écoles qui se sont déroulées entre les mois d’août et d’octobre 2015. Ces attaques ont fait cinq morts et au moins 14 blessés, dont quatre enfants, dans la population civile. Les élèves ne se trouvaient pas dans les établissements au moment des frappes, mais celles-ci ont gravement endommagé ou détruit les locaux, ce qui va avoir des conséquences durables pour les élèves.

Les écoles sont des lieux de vie très importants pour la population civile, elles sont supposées être des espaces sûrs pour les enfants. Les jeunes élèves du Yémen sont contraints de faire les frais de ces attaques. Déjà durement touchés par le conflit, ils voient leur éducation bouleversée, ce qui pourrait constituer un handicap qui les suivra toute leur vie.

C’est tout le système éducatif yéménite qui pâtit du conflit. D’après l’UNICEF, au moins 34 % des enfants ne vont plus à l’école depuis les premières frappes aériennes, en mars 2015. D’après les chiffres communiqués à Amnesty International par le ministère de l’Éducation, installé à Sanaa, plus de 1 000 établissements scolaires ne fonctionnent plus : 254 ont été entièrement détruits, 608 l’ont été partiellement, et 421 servent d’abri aux personnes déplacées dans le pays par le conflit.

Ces frappes aériennes ont également terrifié la population civile et ont été traumatisantes sur le plan psychologique pour les élèves.

Dans sa résolution 2225 sur le sort des enfants en temps de conflit armé, adoptée cet été, le Conseil de sécurité des Nations unies a exhorté toutes les parties au conflit à « respecter le caractère civil des écoles » et s’est dit préoccupé par le fait que l’utilisation d’écoles à des fins militaires puisse en faire des cibles légitimes au regard du droit international et mettre en danger la sécurité des enfants.

Comme en Syrie, la coalition, soutenue par les Etats-Unis, tente maintenant de trouver des solutions politiques au chaos qu’elle a elle-même provoqué.

Mais rien ne dit qu’elle puisse le maîtriser...

JCC

(Sources : Amnesty International, UNICEF)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - enfants face à la guerre, éducation

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