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Actualités des droits de l'enfant

Afghanistan : les « Bacha posh », des filles au masculin

« Bacha posh » signifie « habillé comme un garçon » dans la langue dari (variante du persan parlée en Afghanistan). Le concept : travestir sa fille en garçon pour qu'elle puisse travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Mas cette pratique permet également un accès à plus de libertés. Une aubaine pour les jeunes filles afghanes, privées d'école.

Les « bacha posh » sont le plus souvent issues de familles qui n'ont pas de fils, et qui sont amenées à travestir leurs filles pour leur garantir une vie plus sécurisée. Ces jeunes filles, cheveux coupés, vêtements de garçons, se masculinisent de l'enfance à l'adolescence. À l'âge de se marier (17 ou 18 ans), elles retrouvent leur féminité. Ce déguisement leur offre des libertés qu'elles ne pourraient s'offrir en tant que filles : aller à l'école, travailler, conduire ou même jouer au foot, vendre dans la rue et oublier le voile le temps d'une dizaine d'années.

À la maison, une « bacha posh » est exemptée des tâches ménagères, mais son identité reste intacte. Certaines familles sont souvent privées de pères en raison des conflits incessants dans ce pays.

Si ce sujet reste grandement tabou pour le peuple afghan, il est connu de tous, et, le plus important : il est toléré. Considérée comme une solution à élever des garçons, cette pratique est acceptée. En Afghanistan, si une famille n'élève pas de « bacha posh », elle en connaît forcément. Le gouvernement ne recense cependant pas le nombre de fillettes travesties et la pratique est condamnée par les mollahs (titre donné aux personnalités religieuses).

Mais cette pratique offre aux fillettes afghanes une liberté à durée déterminée. À la puberté, et l'arrivée des premières règles, elles redeviennent femmes afin de se marier à un homme qui leur est imposé. Un traumatisme pour certaines, qui voient du jour au lendemain, leurs libertés s'envoler.

Mariées et dorénavant femmes, elles doivent s'occuper de la cuisine, du ménage ou encore de la couture. Choses qu'elles n'ont absolument pas apprises pendant leur enfance, puisque leur éducation est copiée sur celle d'un garçon. Très rares sont celles qui restent « bacha posh » toute une vie.

La situation des femmes et des filles en Afghanistan reste une des plus critiques du monde.

JCC

(Source : droitsenfant.fr – photo tirée du documentaire « tu seras un garçon ma fille »)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - travail des enfants, Droit à la liverté

commentaires

dejean 27/01/2016 13:25

les filles afghanes ne sont pas forcément privées d'école.
voir en particulier le documentaire diffusé par Arte sur le sujet.

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