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Actualités des droits de l'enfant

menottes.jpegL'UMP a proposé hier de créer un code pénal pour les mineurs, mais aussi de sanctionner les jeunes délinquants dès l'âge de 12 ans (13 ans aujourd’hui), par des « travaux de réparation » conditionnés à l'accord des parents.

Quelques jours après le meurtre de la jeune Agnès par un lycéen récidiviste en Haute-Loire (voir article précédent), le parti majoritaire souhaite « l'élaboration d'un code pénal spécifique pour les mineurs  afin d'affronter les nouveaux phénomènes de délinquance et de lutter contre le sentiment d'impunité».

La semaine dernière, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, avait lui aussi plaidé pour un tel code pénal des mineurs, « un travail pour après les élections » de 2012 avait il indiqué. En 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait déjà promis de réformer l’ordonnance du 2 février 1945, texte de référence en la matière, ce qu’il ne s’est pas privé de faire tout au long de son mandat après chaque affaire médiatique impliquant des mineurs.

Les propositions ne vont pas jusqu'à proposer formellement d'abaisser de 13 à 12 ans l'âge de la responsabilité pénale et donc de l'incarcération, ni soutenir l'abaissement à 16 ans de la majorité pénale voulu par le député-maire de Nice, Christian Estrosi. Cependant, le secrétaire général du parti, Jean-François Copé, a quand même indiqué que la piste était à l’étude.


Ainsi, la réparation, qui est aujourd’hui un simple outil pédagogique, deviendrait une sanction juridique au mépris du droit du travail et de la convention internationale des droits de l’enfant que la France a ratifiée. Ce serait également, l’enterrement définitif de l’ordonnance de 1945 qui consacre depuis 66 ans la primauté de l’éducatif sur le répressif en matière de justice des mineurs.


Comme je l’ai indiqué il ya quelques jours, il semble confirmé que la justice des mineurs va bien être au centre de la campagne électorale qui débute.


JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - délinquance des mineurs

droits europeLe 5 décembre prochain au Conseil de l'Europe de Strasbourg une table ronde va être organisée. Elle réunira des juristes, des associations, des travailleurs sociaux, des médecins, des psychologues et des journalistes. L’objectif est de répondre aux questions qui touchent les droits de l'enfant : «  Qu'en est-il en Europe ?  »

 

Cette table ronde fait suite à la table ronde organisée le 24 février 2011 à l'Institut de Criminologie de Paris : « La parole de l'enfant après la mystification d'Outreau » dont le compte-rendu sera bientôt disponible.

 

La table ronde abordera des questions culturelles et juridiques en se penchant sur les fondements culturels de la maltraitance infantile, sur la loi française du 9 juillet 2010 au regard de la Convention sur la lutte contre la violence domestique et de la Convention européenne des droits de l'Homme, sur l'organisation juridictionnelle française face à la maltraitance infantile.

 

Elle réfléchira plus particulièrement aux problèmes concrets qui concernent les enfants, notamment les conséquences personnelles et sociales des violences qui leur sont faites, les conséquences des violences au sein du couple, le syndrome d'aliénation parentale, ainsi que les conséquences dramatiques d'Outreau sur la prise en compte de leur parole .

 

JCC

 

(source : Conseil de l’Europe)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - initiatives

rue_suisse.jpgParmi les dizaines de milliers d’initiatives qui se sont déroulées en France et dans le monde à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant le 20 novembre dernier, il est en est une qui n’est pas passée inaperçue.

 

Cela s’est passé en Suisse où 3 700 enfants élèves des écoles ou membres d’organisations d’enfants ont interpellé les passants sur la condition des enfants des rues en exerçant les petits métiers : petits marchands ambulants ou cireurs de chaussures. Ils ont ainsi attiré l’attention sur le sort de millions d’enfants sans abris dans le monde et appelé à la générosité du public.

 

Près de 200 000 francs suisses ont ainsi été récoltés et serviront à poursuivre les programmes de protection des enfants qu’organise l’ONG « Terre des Hommes » qui était à l’initiative de  cette commémoration très originale.


JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - enfants des rues

mariage_force.jpegDifficile d’obtenir des chiffres fiables sur ce phénomène car les statistiques gouvernementales n’enregistrent pas les mariages non officiels religieux encore très répandus dans une grande partie du pays. Par ailleurs, les mariages d'enfants sont « largement acceptés » par la société turque.

 

Selon, le rapport de la Commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes,

environ 28% des femmes sont mariées avant l’âge de 18 ans.

 

Les filles sont souvent mariées tôt pour minimiser le fardeau économique sur leur famille ainsi que le risque de tout contact sexuel avant le mariage. Dans de nombreuses régions du pays  « le prix de la mariée » est encore versé comme une incitation supplémentaire.

 

Le rapport souligne également que les coutumes sont profondément enracinées comme par exemple, l'échange d'épouses entre deux familles ou bien encore les fiançailles de bébés à la naissance et le don de jeunes filles comme épouses pour régler des vendettas.

 

De la même manière, les filles qui ont été violées ou molestées sont rapidement mariées au violeur ou à tout autre homme pour préserver l'honneur familial. Enfin, la pratique de la polygamie est encore bien ancrée.

 

La commission dénonce les mariages forcés d'enfants comme « des violations des droits des enfants, des droits des femmes et des droits humains ». Elle considère ces pratiques comme une des principales causes de la violence domestique, de la mortalité infantile et de l'inégalité entre les hommes et les femmes.

 

JCC

 

(source : New York Times)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - mariages forcés

centre retentionBien que le gouvernement affirme que ce texte n’est pas lié au viol et au meurtre d’Agnès par un mineur de 17 ans déjà sous le coup d’une mise en examen pour une agression sexuelle (voir article précédent), le projet de loi est tout de même issu d’une réunion qui s’est déroulée, à Matignon, au lendemain de l’annonce de l’affaire.

 

Le projet prévoit de porter le nombre de places de prison à 80 000 d’ici fin 2017 avec l’ouverture, à partir de 2014, de prisons au régime allégé pour les personnes condamnées à de courtes peines. Il prévoit également de renforcer les dispositifs de prévention de la récidive avec la mise en place d’outils permettant de mieux évaluer le profil des personnes condamnées à de longues peines dont le degré de dangerosité paraît élevé.

 

Concernant plus particulièrement les mineurs délinquants, le texte envisage la création de 20 centres éducatifs fermés supplémentaires (voir la page consacrée à ce sujet) et l’extension à de nouveaux centres du dispositif de suivi en pédopsychiatrie. Enfin, il est prévu de créer trois centres nationaux d'évaluation alors qu’il n’en existe qu’un actuellement à Fresnes (94).

 

Les principaux syndicats de magistrats et d'éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) se sont montrés critiques et se sont dit « en profond désaccord avec une réponse essentiellement liée à l’enfermement, contraire aux principes de personnalisation et d'individualisation portés par l’ordonnance de 1945 ».

 

Selon l'annuaire statistique de la Justice, en 2009 cinq mineurs ont été condamnés pour crime de sang, deux en 2008, trois en 2007, six en 2006 et quatre en 2005. Ce projet vient s’ajouter à la demi-douzaine de lois sur la récidive déjà votées depuis 2004.

 

JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - délinquance des mineurs

abus sexuelsUn expert indépendant de l'ONU va se rendre prochainement en France en visite en vue d’enquêter sur la vente et l'exploitation sexuelle des enfants. Il s’agit du Rapporteur Spécial de l'ONU, Mme Najat Maalla M'jid, qui se rendra à Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux du 21 novembre au 2 décembre. Mme Maalla M'jid  est une pédiatre marocaine qui a été nommée Rapporteur Spécial sur la vente des enfants, la prostitution d'enfants et la pornographie impliquant des enfants en mai 2008.

En fait, ce sera la deuxième visite en France depuis 2002 d'un expert indépendant mandaté par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour étudier les questions de la vente et de la prostitution des enfants, ainsi que de la pornographie impliquant des enfants.

Selon l’ONU, « dans tous les pays, il existe des enfants victimes ou vulnérables à différentes formes d'exploitation, ces enfants ont besoin d'une attention toute particulière ». Au cours de sa mission le Rapporteur Spécial va se pencher plus particulièrement sur l’ampleur, les formes et les causes principales des phénomènes de vente et d'exploitation sexuelle des enfants.

Une conférence de presse est prévue le 2 décembre à Paris et les conclusions de cette mission seront présentées au Conseil des droits de l'homme de l'ONU en mars 2012 accompagnées des recommandations du rapporteur Spécial.

JCC

(source : Haut-commissariat des Droits de l'Homme de l'ONU)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - exploitation sexuelle

agnès marinJ’avais prévu aujourd’hui un article sur la mission en France d’une experte de l’ONU consacrée à la lutte contre la traite des enfants. Cet article sera publié demain car devant l’indécence de nos politiques et de nos médias, il m'a semblé nécessaire de réagir.

 

Depuis deux jours maintenant, on assiste à une surenchère d’interventions devant l’émotion légitime suscitée par le meurtre d’Agnès Marin (voir article précédent). Le gouvernement, comme à son habitude, réagit dans l’immédiateté, sans prendre aucun recul et une partie de la gauche profite de ce drame pour dénoncer l’inefficacité de ce même gouvernement. D’autres proposent carrément d’effectuer un référendum en vue de rétablir la peine de mort. C’est ainsi, que le débat sur la récidive, relancé par cette terrible  affaire, pourrait bien être au centre de la prochaine campagne électorale.

 

Quand aux médias, c’est le déferlement dans l’indécence puisque des journalistes  sont allés jusqu’à interviewer la première victime du meurtrier présumé d’Agnès. Hier, c’est France 2 qui consacre son « Mots croisés» à ce sujet, c’est France 5 qui intitule son émission  C dans l’air : « le Bourreau était dans l’école » et dans l’émission suivante  (C à Vous) se sont les grands parents qui, sans l’ombre d’une émotion apparente, venaient fustiger la direction de l’école où était scolarisée Agnès et traiter le meurtrier présumé de nazi. La douleur leur faisant commettre ainsi un parallèle plus que douteux avec le passé de ce village de Haute-Loire. Le Chambon-sur-Lignon est en effet honoré comme ville « juste » parmi les nations, car des centaines d’hommes, de femmes et d'enfants juifs avaient été sauvés par la population de cette bourgade.


Loin de moi l’idée de remettre en cause la douleur et la colère légitime de ces parents et de ces grands-parents. D’ailleurs, tout le monde serait bien inspiré de les écouter car ce sont eux, qui ce matin, appellent à la plus grande retenue et refusent toute récupération politique de cette affaire.


Loin de moi également l’idée de remettre en cause la nécessaire réflexion à conduire et les mesures à prendre pour protéger plus efficacement les enfants, punir les criminels et leur permettre, en parallèle, de retrouver la route vers la reconstruction, mais pas dans l'urgence, au détour d'une affaire particulièrement douloureuse et dans un contexte politique d’élections nationales.


Ce manque de retenue est donc indécent d’autant que dans une semaine, la plupart des médias, les politiques et l’opinion publique auront oublié ce terrible drame car l’actualité est ainsi faite : une information chasse l’autre.  A part la famille, les proches et les amis, qui se souvient aujourd’hui d’Alexandre Junca ou de Marie-Jeanne, ces deux enfants disparus cette année dans des circonstances aussi épouvantables qu’Agnès ?


JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - délinquance des mineurs

agnès marinJ’avais prévu aujourd’hui un article sur la mission en France d’une experte de l’ONU consacrée à la lutte contre la traite des enfants. Cet article sera publié demain car devant l’indécence de nos politiques et de nos médias, je me dois de réagir.

 

Depuis deux jours maintenant, on assiste à une surenchère d’interventions devant l’émotion légitime suscitée par le meurtre d’Agnès Marin (voir article précédent). Le gouvernement, comme à son habitude, réagit dans l’immédiateté, sans prendre aucun recul et une partie de la gauche profite de ce drame pour dénoncer l’inefficacité de ce même gouvernement. D’autre propose carrément d’effectuer un référendum en vue de rétablir la peine de mort. C’est ainsi, que le débat sur la récidive, relancé par cette terrible  affaire, pourrait bien être au centre de la prochaine campagne électorale. Quand aux médias, c’est le déferlement dans l’indécence puisque des journalistes  sont allés jusqu’à interviewer la première victime du meurtrier présumé d’Agnès. Hier, c’est France 2 qui consacre entièrement son « Mots croisés» à ce sujet , c’est France 5 qui intitule son émission  C dans l’air : « le Bourreau était dans l’école » et dans l’émission suivante  (C à Vous) se sont les grands parents qui, sans l’ombre d’une émotion apparente, venaient fustiger la direction de l’école où était scolarisée Agnès et traiter le meurtrier présumé de nazi. La douleur leur faisant commettre ainsi un parallèle plus que douteux avec le passé de ce village de Haute-Loire. Le Chambon-sur-Lignon est en effet honoré comme ville « juste » parmi les nations, car des centaines d’hommes, de femmes et d'enfants juifs avaient été sauvés par la population de cette bourgade.

Loin de moi l’idée de remettre en cause la douleur et la colère légitime de ces parents et de ces grands-parents. D’ailleurs, tout le monde serait bien inspiré de les écouter car ce sont eux, qui ce matin, appellent à la plus grande retenue et refusent toute récupération politique de cette affaire.


Loin de moi également l’idée de remettre en cause la nécessaire réflexion à conduire et les mesures à prendre pour protéger plus efficacement les enfants, punir les criminels et leur permettre, en parallèle, de retrouver la route vers la reconstruction, mais pas dans l'urgence, au détour d'une affaire particulièrement douloureuse et dans un contexte politique d’élections nationales.


Ce manque de retenue est donc indécent d’autant que dans une semaine, la plupart des médias, les politiques et l’opinion publique auront oublié ce terrible drame car l’actualité est ainsi faite : une information chasse l’autre.  A part la famille, les proches et les amis, qui se souvient aujourd’hui d’Alexandre Junca ou de Marie-Jeanne, ces deux enfants disparus cette année dans des circonstances aussi épouvantables qu’Agnès ?


JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - divers

eglise pedoComme aux Etats-Unis, en Irlande et en Allemagne, l'Eglise catholique belge est confrontée à des actes de pédophilie commis par des prêtres.

Une commission spéciale avait été créée après les aveux de l'évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, qui avait démissionné en avril 2010 après avoir reconnu des actes pédophiles (voir article précédent). Sa démission avait délié de nombreuses langues, principalement en Flandre.

En septembre, 70 victimes d'abus sexuels commis par des prêtres ont déposé une plainte collective devant le tribunal de Gand contre les plus hautes autorités de l'Eglise catholique belge et le Saint Siège, qu'elles accusent d'avoir laissé faire, voire couvert des actes de prêtres pédophiles pendant des années.

Le parquet fédéral belge vient de communiquer aux parquets locaux du pays les noms d'une centaine de prêtres et religieux encore en vie soupçonnés d'actes pédophiles, souvent anciens, afin notamment de « mieux les surveiller » dixit le parquet. A ce jour aucune poursuite n’est envisagée…

 

JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat -

collage_monde.jpgAujourd’hui, c’est la journée mondiale de défense et de promotion des droits de l’enfant et nous fêtons les 22ème anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant. Adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) est le traité international le plus ratifié au monde. A l’exception notable des Etats-Unis et de la Somalie, tous les pays ont reconnu alors l’impératif d’apporter des soins et une attention particulière aux enfants en raison de leur vulnérabilité considérant que «l’humanité se doit de donner à l’enfant le meilleur d’elle-même ».  Vingt deux ans après, où en est-on ?

Santé, des progrès mais peu mieux faire
Les progrès les plus significatifs depuis 1989 ont été réalisés dans le domaine de la santé. Pour autant, ils restent relatifs : en 2009, 9 200 000 enfants (au lieu de 14 millions en 1989) mouraient encore avant leurs 15 ans. Si nombre de maladies virales comme la rougeole, le tétanos ou bien encore la polio ont pratiquement été éradiquées, puisque le taux de mortalité des enfants pour ces épidémies a baissé de presque 90 % en vingt ans, il n’en est pas de même pour le SIDA. 2 millions d’enfants de par le monde l’on contracté et 35 % d’entre eux en meurent avant leurs 10 ans. Près de 90% de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne où les médicaments, pourtant de plus en plus efficaces, tardent à arriver.

Malnutrition et accès à l’eau potable : une situation dramatique
Le bilan, quoique meilleur qu’il y a vingt deux ans, reste dramatique : 4 millions d’enfants meurent avant 5 ans parce qu’ils sont mal nourris. Dans les pays en voie de développement, plus d'un milliard d'habitants n'ont pas accès à l'eau salubre et près de 3 milliards de personnes (plus de la moitié de l'humanité) ne sont pas équipées de systèmes d'assainissement. Près de 3 millions d'enfants meurent chaque année de maladies dues au manque d'hygiène et douze millions d’entre eux meurent victimes de pneumonie, de diarrhée et autres maladies évitables. Pourtant de simples mesures d'hygiène, d’accès à l’eau potable, d’alimentation suffisante ou d’allaitement maternel pourraient sauver de nombreuses vies.

Les enfants au travail
Aujourd’hui, plus de 200 millions d’enfants travaillent dans le monde, exerçant des activités qui nuisent à leur développement mental, physique et émotionnel. Les enfants sont contraints de travailler parce que leur survie et celle de leur famille en dépendent. Le travail des enfants perdure, même là où il a été déclaré illégal, et il est souvent entouré d’un mur de silence, d’apathie et d’indifférence.

Les enfants soldats
250 000 enfants dans 20 pays de la planète, dont certains n'ont pas plus de 8 ans, participent directement aux conflits. Ils sont soldats, démineurs, espions, porteurs, esclaves sexuels... Certains autres ont appris à tuer et à torturer. Si leur nombre global reste stable, les pays ayant recours aux services de ces gamins sont eux de plus en plus nombreux.  Au moins deux millions d’enfants sont morts ces 10 dernières années à la suite de guerres déclenchées par des adultes. Des progrès sont cependant enregistrés grâce à une plus grande visibilité de la cause des enfants impliqués dans des conflits armés. L’adoption de normes plus strictes pour les protéger et améliorer l’assistance humanitaire constitue également des avancées.

L’exploitation sexuelle des enfants
Pour le bon plaisir d'adultes sans scrupules plusieurs millions d'enfants et d'adolescents sont prostitués ou exploités sexuellement à travers le monde. Malgré une prise de conscience certaine, ce phénomène se développe et de nouveaux réseaux se créent notamment sur Internet. C'est avant tout un drame de pauvres. Même si l'on rencontre sur tous les continents des pédophiles, la très grande majorité des enfants prostitués et exploités sexuellement se trouvent dans les pays du tiers monde ou dans les catégories sociales très défavorisées des pays riches. La majorité de ces jeunes a entre 12 et 18 ans, mais certains ont à peine 8 ans et même des bébés sont parfois impliqués. Là aussi, de réels progrès ont été réalisés grâce notamment à un renforcement de l’arsenal répressif et des campagnes d’information en direction des enfants.

L’Education,  un levier majeur
Entre tous, l’éducation joue un rôle crucial. Car, même au milieu du chaos, elle peut restaurer un certain degré de stabilité et de normalité pour les enfants. Une amélioration sensible a été opérée depuis 20 ans et le nombre d’enfants non scolarisés est passé de 115 millions à 93 millions. L’écart entre le nombre de filles scolarisées et les garçons s’est considérablement réduit. Une amélioration qu’il faut cependant relativiser par le taux d’achèvement des études qui reste très insuffisant. L’éducation offre une occasion unique de transmettre aux enfants des messages de survie sur des questions aussi vitales que la prévention du sida et la sensibilisation aux dangers qui les menacent. L’éducation peut aussi permettre de semer la paix et la justice partout dans le monde.

CIDE : 22 ans de progrès et d’illusions
La Convention Internationale des Droits de l'Enfant de 1989 a soulevé de grands espoirs et des promesses ont été faites aux enfants du monde. Ce texte a été un symbole, en mentionnant expressément que chaque être humain peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés inscrites dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. L’enfant n’était plus un adulte en devenir, il était bel et bien un être humain, sujet de droits et de devoirs. 20 ans après, il reste beaucoup à faire pour que les droits des enfants deviennent une réalité. Promouvoir et défendre les droits des enfants, c'est tout d'abord créer les conditions sociales, économiques et culturelles afin que tous puissent y accéder. C'est à ce prix que les droits de l'enfant seront véritablement respectés. Il faudra donc encore beaucoup de volonté politique et d’acharnement individuel et associatif pour que les dirigeants de la planète débloquent enfin les moyens pour y parvenir. 

 

La situation en France
Si la France est un des pays au monde qui respecte le mieux la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (le Canada et la Suède font figure de meilleurs « élèves »), il existe toutefois de graves problèmes :  la pauvreté qui touche 2 millions d’enfants avec ses conséquences désastreuses sur la scolarité, l’accès à la santé et au logement ; la discrimination qui pénalise les jeunes des banlieues issus de l’immigration ou d’Outre-mer ; la situation des mineurs étrangers isolés qui sont retenus dans les zones d’attente des aéroports ou qui errent dans les rues sans bénéficier d’assistance ; le recours excessif aux mesures répressives, par défaut de structures alternatives à l’incarcération des mineurs, renforcé par l’approche des élections présidentielles ; le fichage des enfants dans le fichier "Base élève" de l'Education nationale ; la situation des enfants Roms et des gens du voyage ; la suppression du défenseur des enfants en tant qu’autorité indépendante aujourd’hui noyé dans l’ensemble hétéroclite du "Défenseur des droits" ; l’évaluation des enfants dès la maternelle ; la difficulté d’intégration scolaire des élèves handicapés, le suicide des enfants et des jeunes ; la discrimination dans les cantines scolaires, etc…

Perception de la convention en France
Selon un sondage UNICEF/SOFRES effectué en novembre 2010, auprès des jeunes de 13 à18 ans, à peine un sur quatre, soit 24 %, avait déjà entendu parler de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).. Ainsi, on parle de moins en moins de droits de l’enfant, sauf quand l’actualité les ramène sur le devant de la scène (pédophilie, maltraitance…). On parle de moins en moins de droits de l’enfant mais beaucoup du droit à l’enfant. On constate une nouvelle tentative de lier droits des enfants et devoirs des enfants avec l’idée que « l’enfant aura des droits lorsqu’il respectera ses devoirs ». Pourtant la convention internationale des droits de l’enfant a reconnu l’enfant comme une personne qui n’appartient à personne et que la société doit protéger. Comment un enfant peut-il respecter une règle, une loi venant d’un groupe, d’un Etat qui ne le respecte pas voire qu’il le dénie totalement ? C’est pourquoi, il est nécessaire de mieux promouvoir les droits de l’enfant et la Convention Internationale auprès des enfants eux-mêmes. Ce n’est pas une question mineure, car garantir à l’enfant le droit à la santé, à un nom, à une nationalité, à l’éducation, aux loisirs, à la culture, passe par le fait  que ces droits soient aussi accordés à leurs parents. On le voit bien, du sort que l’on réserve aujourd’hui aux enfants dépend l’avenir de la société toute entière.

 

Quelques chiffres :

- 30% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté sont des enfants (soit 2 millions d’enfants)
- 980 000 enfants vivent dans des familles percevant les minima sociaux  

- 140 000 adolescents sortent de l'école sans diplôme ni formation
- 350 000 enfants vivent dans des conditions de logement indécentes ou sont en errance
- 30 000 enfants vivent dans la rue 
- 150 000 enfants sont séparés de leur famille,
 majoritairement dans les milieux défavorisés
 -7 000 mineurs étrangers vivent isolés sans aucun soutien
- 1 enfant sur 20 est victime de violences physiques
- 1 enfant sur 10 est victime de violences psychiques
- 1 enfant sur dix est victime de harcèlement à l’école
- Le suicide des jeunes est la deuxième cause de mortalité après les accidents de voiture
- Un enfant sur trois ne part jamais en vacances

 

JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - convention droits enfant

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