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Actualités des droits de l'enfant

France : décès du généticien humaniste Albert Jacquard

Son collier de barbe encadrant une gueule cabossée de philosophe antique et ses combats passionnés pour les sans-papiers et contre le racisme ont marqué les mémoires : le généticien Albert Jacquard est mort hier à l'âge de 87 ans.

Ils sont rares les hommes qui vous marquent durablement et profondément. Le professeur Albert Jacquard était de ceux-là. J’ai eu le privilège de le rencontrer à plusieurs reprises lors de combats communs et notamment à l’époque des sans-papiers du « Quai de la Gare » à Paris. Il est l’un de ceux qui est à l’origine de mon modeste engagement en faveur des enfants et de leurs droits.

Albert Jacquard était un homme profondément humaniste et il s’est activé toute sa vie pour, disait-il, « léguer un monde un peu meilleur à nos descendants ».

« Les races humaines n'existent pas », martelait-il, expliquant sans relâche pourquoi « l'inégalité » est un concept purement mathématique qui ne peut s'appliquer aux êtres vivants.

Pendant dix ans et jusqu’en 2010, il a tenu une chronique régulière sur France Culture, chronique qui dépassait en intelligence et en vérité « vraie » tous les commentaires que l’on entend à longueur de journée sur les radios et les télévisons.

Ses premiers livres, comme « Eloge de la différence : la génétique et l'homme » (1978) rencontrent un grand succès qui ne se démentira pas, même quand il dérivera vers la philosophie, la vulgarisation scientifique ou l'humanisme anti-libéral. Il a été prolifique en publiant plus d’une centaine de livres dont « Cinq milliards d’hommes dans un vaisseau », « Moi, je viens d’où ? », « Abécédaire de l’ambiguïté », « Voici le temps du monde fini », « Tous différents, tous pareils » et celui que je recommande à tous : « A toi qui n’es pas encore né(e) » sortit en 1998.

Le Professeur Jacquard sera même candidat aux législatives à Paris en 1986 sur une liste soutenue par divers mouvements de la gauche alternative, puis aux élections européennes de 1999 sur la liste écologiste conduite par Daniel Cohn-Bendit (en 84e position).

Dans les années 1990, Albert Jacquard va mettre sa verve médiatique au service d'une autre cause : les mal-logés et les sans-papiers. Occupation d'un immeuble rue du Dragon en 1994, de l'église Saint-Bernard en 1996... Son visage de vieux faune grec devient vite aussi familier que celui de l'Abbé Pierre, Mgr Gaillot ou Emmanuelle Béart, ses compagnons de lutte.

De lui, je retiendrai une phrase qu’il a écrite qui le résume bien et à laquelle je crois profondément : « je peux dire je, parce qu’un jour, quelqu’un m’a dit tu ».

JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - Hommage

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