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Actualités des droits de l'enfant

Sénégal : le calvaire des enfants « talibés »

En mars dernier, un terrible incendie dans une école coranique de la médina à Dakar tuait 9 enfants. Ce drame avait révélé au monde la terrible situation des enfants « talibés ». Ce sont des garçons, parfois âgés d'à peine 4 ou 5 ans, issus généralement de familles très pauvres, qui sont placés chez un marabout afin de suivre une éducation coranique, de s'initier à la vie communautaire et d'acquérir le sens de l'humilité et de l'endurance face aux épreuves.

En contrepartie, les talibés doivent s'acquitter de divers services comme des travaux domestiques, mais également subvenir à leurs propres besoins, ainsi qu'à ceux du marabout et de sa famille, contraints à mendier dans les rues. Beaucoup d'entre eux ont pour obligation de rapporter chaque jour au marabout une certaine somme d'argent, à défaut de quoi ils seront bien souvent battus ou ligotés.

Les talibés survivent dans des « daaras » (écoles coraniques), souvent des habitations de fortune, inachevées, sans eau ni électricité, où les enfants, en surnombre, privés d'hygiène et de soins, s'entassent pour dormir, généralement à même le sol ou parfois sur des nattes, les uns collés aux autres. Beaucoup de « daaras » fleurissent dans ce pays, avec à leur tête des marabouts recherchant plus des profits personnels que le bien-être des talibés, devenus pour eux une source de revenus.

Les garçons sont à la merci de leur « maître » qui a tous les droits sur eux. Les sévices corporels violents sont courants durant l'enseignement religieux. Au Sénégal, à peu près n’importe quel musulman peut se dire marabout, et il n’existe aucune loi régissant les « daaras », contrairement aux établissements scolaires. Les marabouts sont vénérés et jouissent d’un véritable pouvoir sur la population

Depuis ce drame, le gouvernement sénégalais a annoncé la fin de la mendicité des enfants des rues. Il était plus que temps… Mais, selon de nombreux observateurs, la mise en œuvre de la décision d'interdiction de la mendicité des enfants est difficile car elle rencontre l'hostilité de nombreux guides religieux, très influents dans le pays.

JCC

(Source : Jeune Afrique)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - exploitation des enfants

commentaires

zaoui 31/10/2013 14:13

Il faut vraiment que le gouvernement fasse quelque-chose pour ces enfants qui sont en condition d'esclavage. Notre association POUR UNE ENFANCE essaie d'adoucir le calvaire de ces enfants, en leur proposant jeux, alphabétisation, soins, repas.

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