Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Actualités des droits de l'enfant

Articles avec #handicap

Education :

Ecole primaire :
E. Macron (En Marche !) insiste sur l'éducation prioritaire : des effectifs à 12 par classe en CP et CE1 dans les écoles des réseaux d'éducation prioritaire (REP et REP+) grâce au redéploiement des 5 000 enseignants du dispositif « Plus de maîtres que de classes » mis en place par Vincent Peillon. Une prime annuelle de 3 000 euros pour les professeurs en REP+ (au primaire et au collège) et trois ans d'ancienneté minimum pour les enseignants en éducation prioritaire.

Pour la réforme des rythmes scolaires, ce sera aux communes et conseils d'école de trancher en 2019 s'ils souhaitent conserver le modèle actuel, garder ou supprimer les activités périscolaires ou revenir à la semaine de quatre jours.

M. Le Pen (Front National)  veut « réserver la moitié du temps d'enseignement au français, à l'écrit comme à l'oral ». Le collectif Racine, proche du Front national, prône 60 % du temps d'enseignement dédié au français au CP, avec une décrue progressive dans les classes supérieures. Ce qui signifie une réduction des horaires des autres matières. Elle veut instaurer le port de l’uniforme à l’école.

La réforme des rythmes scolaires sera « repensée ». Pas de détails sur l'éducation prioritaire, sinon qu'il faudra « la repenser en profondeur » et que « le FN est opposé à toute mesure de discrimination positive ».

Collège/Lycée :
E. Macron : pas de refonte des programmes. Il souhaite maintenir aussi la deuxième langue étrangère dès la 5ème mis en place par Najat Vallaud-Belkacem. Mais la réforme du collège est toilettée avec un retour à son « esprit initial » : les 20 % d'heures d'enseignement dont les collèges décident de manière autonome peuvent être affectés aux enseignements pluridisciplinaires, aux langues anciennes, aux classes bilingues ou européennes, etc.
Le bac sera réformé : examen pour quatre disciplines en terminale, contrôle continu pour les autres matières en 1re et terminale.

M. Le Pen : le parti d'extrême droite prône la fin du collège unique et l'apprentissage à partir de 14 ans (en fin de 4ème). Ces élèves pourront revenir dans la voie générale jusqu'à la seconde. Le Front National souhaite créer des classes prépas dédiées aux bacs professionnels.
En histoire, « promotion du roman national ». Suppression de l'enseignement moral et civique (EMC), remplacé par trois heures hebdomadaires de « civisme et droit » pour expliquer « les symboles et les principes de la République ». Le ministère de l'Éducation créera un « Capès » de droit. Il devra donc recruter des dizaines de milliers de professeurs, vu le volume horaire dédié à cette matière.

Accueil de la petite enfance :
E. Macron veut maintenir un rythme élevé de création de places en crèche. Il veut mobiliser, en maternelle, des jeunes engagés dans le cadre du service civique, afin d’appuyer les professeurs, particulièrement pour la maîtrise du langage.

M. Le Pen veut lancer un audit complet sur les structures d’accueil et de prise en charge des enfants afin de mettre un terme aux dérives constatées au sein de certaines d’entre elles. Réorganiser et améliorer les politiques d’aide sociale à l’enfance.

Aide Médicale d’Etat :
Pour rappel, l'aide médicale d'Etat (AME) offre une couverture de soins minimale aux résidents étrangers en situation irrégulière et précaire qui sont en France depuis au moins trois mois et dont les ressources ne dépassent pas un certain plafond. Dispositif utile pour les enfants d’étrangers en situation irrégulière.

E. Macron veut la maintenir.

M. Le Pen veut la supprimer et « affecter les crédits de l'aide médicale d'Etat aux forces de sécurité. »

Le Regroupement familial :
E. Macron n’envisage pas de changement. Sur son site de campagne, on peut notamment lire que l’immigration familiale « ne concerne que relativement peu de personnes », et que les conditions du regroupement familial dépendent surtout des « engagements internationaux de la France et la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ».

M. Le Pen veut mettre fin à l’automaticité du regroupement et du rapprochement familial ainsi qu’à l’acquisition automatique de la nationalité française par mariage.

Les allocations familiales :
E. Macron  souhaite augmenter le quotient familial que François Hollande a baissé durant son quinquennat.

M. Le Pen veut rehausser progressivement le plafond du quotient familial et mettre en œuvre une vraie politique nataliste réservée aux familles françaises, en rétablissant l’universalité des allocations familiales et en maintenant leur indexation sur le coût de la vie.

L’apprentissage :
E. Macron veut développer les périodes de pré-apprentissage et les filières en alternance dans tous les lycées professionnels. Des licences professionnelles seront préparées sur trois ans et en alternance. Il souhaite en outre encourager le tutorat pour » briser les barrières invisibles qui empêchent beaucoup de jeunes de mener à bien les carrières à la hauteur de leurs mérites … ».
Maintien de l’apprentissage à partir de 16 ans.

M. Le Pen veut développer massivement l’alternance (contrat d’apprentissage, contrat de professionnalisation) dans l’artisanat, le secteur public et privé et autoriser l’autorisation de l'apprentissage à partir de 14 ans.

La Justice des mineurs :
E. Macron veut mettre à disposition une centaine de centres éducatifs fermés (il en existe 56 aujourd’hui), « efficacement répartis sur le territoire ». Les mineurs criminels ou dangereux condamnés iront en établissement pénitentiaire pour mineurs.  En outre il mettra en place des programmes d’aide aux parents de mineurs en difficulté (groupes de paroles, conseils à l’éducation, aide à l’apprentissage du français pour les parents immigrés) dans les établissements scolaires. Les parents devront être associés à la prise en charge efficace de leurs enfants et non pas sanctionnés.  Il souhaite privilégier la prévention et l’éducation.
Il ne veut pas remettre en cause  l’ordonnance du 2 février 1945 sur la jeunesse délinquante et ne pas abaisser la majorité pénale à 16 ans

M. Le Pen souhaite lutter contre la délinquance des mineurs en responsabilisant les parents par la suppression du versement des aides sociales aux parents de mineurs récidivistes en cas de carence éducative manifeste. Elle souhaite également durcir la législation et les sanctions à l’égard des mineurs.

PMA/GPA :
E.Macron est favorable à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes seules et les couples de femmes. En revanche il est contre l’autorisation de la gestation pour autrui (GPA) en France. Mais il souhaite  que les enfants issus de la GPA nés à l’étranger voient leur filiation reconnue à l’état-civil français, selon la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

M. Le Pen souhaite l’interdiction de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Elle compte « réserver la PMA aux problèmes de stérilité ».
Elle est contre la GPA et ne dit rien sur les enfants nés de GPA à l’étranger.

Handicap :
E. Macron veut encourager la scolarisation en milieu ordinaire des nombreux enfants aujourd’hui sans solution scolaire et donner accès à un(e) auxiliaire de vie scolaire à tous les enfants en situation de handicap qui en ont besoin pour avoir une scolarité comme les autres. Il veut instaurer des actions en milieu scolaire pour sensibiliser les enfants aux questions du handicap.

M. Le Pen veut mettre en conformité les bâtiments recevant du public, tels que les écoles et les universités, et recruter des accompagnants formés pour améliorer au maximum les conditions d’apprentissages des élèves et étudiants en situation de handicap. Elle souhaite mener des campagnes de sensibilisation pour lutter contre les discriminations et favoriser l’intégration des jeunes en situation de handicap.

Enfin et sauf erreur de ma part, je n’ai pas trouvé dans les deux programmes de chapitre spécifiquement consacré aux droits des enfants.

Je ne peux que vous laissez libre de votre choix démocratique. A vous donc de parfaire votre opinion. L’essentiel est d’aller voter !   Pour ma part, j’irai voter avec des gants, un pince nez et tout ce qu’il faut pour endiguer l’obscurantisme.

JCC

(Sources : programmes En Marche ! et Front National)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - Démocratie, éducation, handicap, Gestation pour autrui, justice

Serbie : la dramatique situation des enfants handicapés

Selon un rapport publié par l’ONG « Human Rights Watch (HRW), intitulé « ‘It is my dream to leave this place’: Children with Disabilities in Serbian Institutions » (« Je rêve d’en partir : Les enfants handicapés dans les institutions serbes »), les enfants présentant un handicap font face à « une négligence et à un isolement susceptibles de retarder leur croissance intellectuelle et émotionnelle ainsi que leur développement physique ». Par ailleurs, le rapport fait état de la pression subie par les familles pour placer leur enfant né avec un handicap dans de grandes institutions résidentielles.

HRW évoque également l'échec du gouvernement à investir, dans la prestation de services auprès de familles ayant besoin d’être soutenues pour élever à domicile et leurs enfants ayant un handicap et les aider à s’intégrer. La Serbie a préféré investir des millions d'euros dans la construction de nouvelles institutions pour les personnes handicapées ou rénover des locaux vétustes.

D’après les données gouvernementales, près de 80 % des enfants placés en institutions en Serbie en 2014 présentent un handicap, une hausse de 62,5 % par rapport à 2012. La plupart des enfants handicapés placés dans des institutions en Serbie y restent aux soins de l'Etat leur vie entière. La plupart d’entre eux ont au moins un parent vivant.

L'ONG a, en outre, constaté que les institutions ne disposent pas des personnels suffisants pour s’occuper des très nombreux enfants et adultes handicapés, en particulier ceux qui ont des besoins élevés.

Enfin le rapport indique que près de 60 % des enfants handicapés placés en institutions ne sont pas scolarisés. Ceux qui le sont fréquentent des écoles exclusivement réservées aux handicapés. Dans certains cas, les enseignants se rendent, quelques heures par semaine, dans les institutions pour donner des cours à certains enfants, en groupes.

HRW appelle le gouvernement serbe à prendre « immédiatement des mesures pour mettre fin aux négligences, à l'isolement, à la ségrégation et aux traitements psychiatriques inadéquats, ainsi qu’à la discrimination contre les enfants handicapés dans les institutions serbes, et leur fournir à la place des services de soutien communautaire ».

JCC

(Source et photo : HRW)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - handicap

France : un espoir pour la scolarisation des enfants handicapés

A l’occasion de la 4ème Conférence nationale du handicap, le Président de la République a annoncé la transformation, sur cinq ans, des contrats aidés d'Auxiliaires de vie scolaire (AVS), aujourd'hui limités dans le temps et précaires, en contrats d'Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).

Cela signifie la création de 32 000 accompagnants supplémentaires sur les 5 prochaines années, dont plus de 6 000 dès la rentrée 2016. Beaucoup de parents en détresse attendaient avec impatience cette mesure. A terme, ce seront 50 000 professionnels (en équivalents temps-plein) qui seront disponibles dans les établissements scolaires.

Les auxiliaires de vie ont aujourd'hui un statut précaire, fait de contrats limités dans le temps. Les contrats aidés devraient donc être transformés en CDD puis, à partir de six ans, passer en CDI. Par ailleurs, un quatrième plan autisme est en préparation au second semestre 2016.

Les associations de soutien aux enfants handicapés reconnaissent « des avancées positives, mais sans réel changement pour le quotidien des personnes en situation de handicap car l'accessibilité a été la grande absente de cette conférence ».

JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - handicap, école

France : trisomie, Louise, le bébé qui a ouvert l’esprit de sa Maman

Une épreuve peut permettre à une existence de gagner en densité et en humanité. C’est ce que démontre Caroline Boudet dans un livre bouleversant « La vie réserve des surprises ». Il est sorti hier en librairie et raconte l’itinéraire de cette maman dans l’acceptation de la différence de sa fille, porteuse de la trisomie 21.

Un récit dans lequel la jeune mère ne s’épargne pas et ne tente pas d’enjoliver le démarrage difficile de leur histoire commune. Avant la naissance de sa fille Louise, Caroline estime qu'elle était « une connasse égoïste ». « Louise m’a ouvert l’esprit et les portes d’un monde dont je ne soupçonnais pas l’existence », indique-t-elle dans ce livre.

C’est un récit émouvant et drôle d'une naissance pas comme les autres et de la découverte d'une enfant qu'on n'attendait pas.

Ode à la différence et aux surprises que la vie nous réserve.

JCC

La vie réserve des surprises, Caroline Boudet, Fayard, 17 euros.

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - Livres, handicap

France : les droits bafoués des enfants handicapés

Les enfants handicapés relevant de la protection de l'enfance sont « doublement vulnérables » et exposés à des dénis de leurs droits, selon Jacques Toubon, Défenseur des droits.

Dans un rapport publié à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant, le Défenseur des droits indique que ce sujet est « peu connu et peu étudié ». Selon ce rapport, intitulé, « des droits pour des enfants invisibles », 70.000 enfants seraient concernés.

Ce chiffre, qui ne comprend que ceux dont le handicap est reconnu par les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), représente près de 20% des enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance (ASE). Comme tous les enfants relevant de la protection de l'enfance, ils peuvent être placés ou suivis tout en restant dans leur famille.

Selon le rapport, ces enfants vont « paradoxalement, parce qu'ils se trouvent à l'intersection de politiques publiques distinctes, être les victimes de l'incapacité à dépasser les cloisonnements institutionnels, de l'empilement des dispositifs et de la multiplicité des acteurs ».

Ainsi, leurs parcours sont morcelés ainsi que le soin et la scolarisation. Soulignant le nombre d'enfants handicapés contraints de rester à domicile par manque de structures spécialisées, le rapport estime que « pour nombre de situations, l'entrée dans le dispositif de protection de l'enfance peut apparaître motivée par les carences institutionnelles ».

Un chapitre est particulièrement consacré aux enfants atteints d'autisme et autres troubles envahissants du développement (TED). Par manque de connaissance des symptômes et des conséquences de l'autisme sur le comportement des enfants comme sur les conditions de vie des familles, « de nombreuses situations feraient l'objet d'informations préoccupantes, suivies ou non de mesures de protection de l'enfance », souligne le rapport.

Le défenseur des droits a ainsi été saisi du cas d'un nourrisson placé en famille d'accueil pendant six ans, avant qu'un autisme sévère soit reconnu.

Le Défenseur des droits fait donc un certain nombre de propositions. Il souhaite notamment que les conseils départementaux et les agences régionales de santé coordonnent mieux leurs politiques d’accompagnement dans l’intérêt de ces enfants, en développant des partenariats opérationnels sur le terrain. L’autre priorité du Défenseur est de créer des places en établissements spécialisés avec des équipes mobiles, sanitaires et médico-sociales, capables d’intervenir en appui de ces structures et des familles d’accueil.

Enfin, selon le rapport, « il est essentiel, de développer la sensibilisation et la formation des professionnels, travailleurs sociaux comme magistrats, autour du handicap, de son annonce et de l’accompagnement des familles : le handicap de nombreux enfants ainsi protégés n’est repéré qu’après l’âge de 6 ans… ».

JCC

(Source : Défenseur des droits)

Voir le rapport

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - handicap

France : Manifeste pour le droit des enfants en situation de handicap à vivre, jouer et grandir, comme les autres et avec les autres !

A l’occasion du 10ème anniversaire de la loi du 11 février 2005 relative à l’égalité des droits et des chances des personnes en situation de handicap la « Fédération Loisirs Pluriel » lance une pétition, sous forme de manifeste destiné à interpeller le Président de la République et les élus locaux, pour le droit des enfants en situation de handicap à vivre, jouer et grandir, comme les autres et avec les autres ! Extraits :

« Comme les autres, les enfants en situation de handicap, quelle que soit leur pathologie, ont le droit de vivre, de jouer et de grandir avec les enfants de leur âge. Comme les autres, leurs parents ont le droit de bénéficier, eux aussi, de solutions d’accueil le mercredi et lors des vacances scolaires, pour maintenir leur emploi ou bénéficier de temps de répit nécessaires à leur équilibre.

Malgré les efforts accomplis dans notre pays au cours de ces dernières années, nombre de familles ne trouvent toujours pas de solutions d’accueil pour leur enfant en situation de handicap, en complément de l’école ou de l’établissement, les contraignant, le plus souvent, à réduire ou cesser leur activité professionnelle (…) Plus que jamais, 10 ans après la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées, nous devons réaffirmer ce droit de tout enfant en situation de handicap, quelle que soit sa pathologie, d’avoir accès aux établissements d’accueil du jeune enfant ou aux accueils de loisirs de sa commune (…) . Afin que les familles n’aient plus à justifier de leurs droits et que cette accessibilité pour tous devienne réalité :

- Nous affirmons que tout enfant, quel que soit son handicap, a le droit de vivre, jouer et grandir avec les autres enfants de son âge.
- Nous refusons l’idée que des familles soient injustement privées de solutions d’accueil, le mercredi et les vacances, en raison du handicap de leur enfant.
- Nous pensons que favoriser, dès le plus jeune âge, la rencontre et le partage entre enfants handicapés et valides, est une source d’enrichissement mutuel et le meilleur moyen de changer le regard sur les personnes en situation de handicap.
- Nous appelons l’ensemble des décideurs, gestionnaires de lieux d’accueil ou financeurs
à garantir, sans discrimination, aux familles ayant un enfant handicapé un égal accès aux lieux d’accueil de loisirs ou de vacances.
- Nous demandons aux pouvoirs publics d’assurer la prise en charge des surcoûts financiers
liés aux adaptations nécessaires pour garantir la qualité d’accueil des enfants en situat
ion de handicap (…) ».

Pour rappel, la loi du 11 février 2005 est l'une des principales lois sur les droits des personnes handicapées, depuis celle de 1975.Elle rappelle les droits fondamentaux des personnes handicapées et donnent un certain nombre d’obligations liées à l’accueil des personnes handicapées, au droit à compensation, aux ressources, à la scolarité, l'emploi, l'accessibilité, la citoyenneté et la participation à la vie sociale.

JCC

Pour plus d’information sur ce manifeste, voir le site de la Fédération Loisirs Pluriel

(Source : FLP - Photo : FLP)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - handicap

Russie : les enfants handicapés placés en institution sont parfois maltraités

Près de 30% de tous les enfants en situation de handicap en Russie vivent dans des orphelinats de l'État où ils sont parfois en proie à la violence et la négligence. C’est l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) « Human Rights Watch » (HRW) qui dénonce cette situation dans un rapport publié à la mi-septembre. Selon l’ONG, la Russie devrait mettre fin au mauvais traitement des enfants en situation de handicap dans les services de l'État et faire une priorité du soutien fourni pour que les enfants handicapés vivent avec leurs familles ou dans d'autres environnements familiaux, plutôt que dans des institutions.

Le rapport de 93 pages, intitulé « Abandoned by the State: Violence, Neglect, and Isolation for Children with Disabilities in Russian Orphanages » (Abandonnés par l'État : La violence, la négligence et l'isolement subis par les enfants handicapés dans les orphelinats russes), a constaté qu’un grand nombre d’enfants et de jeunes handicapés qui ont vécu dans des orphelinats de l'État ont été victimes d’exactions et de négligence aux mains du personnel des institutions et que ceci entrave leur développement. Certains enfants interrogés par HRW ont déclaré que le personnel de l'orphelinat les a battus, leur a injecté des sédatifs et les a envoyés dans des hôpitaux psychiatriques pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines afin de mieux les contrôler ou de les punir.

Le rapport s’appuie sur plus de 200 entretiens avec des enfants, des membres de leurs familles, des avocats et du personnel des orphelinats, ainsi que sur des visites de 10 orphelinats de l'État à travers la Russie, où vivent des enfants handicapés. La plupart des enfants dans ces institutions ont des familles. Mais le personnel des établissements que « Human Rights Watch » a visités a parfois découragé les visites des familles ou d’autres formes de contact avec les membres des familles, en affirmant qu'un tel contact « gâtait » les enfants en les habituant à trop d'attention.

Les enfants et les militants des droits des enfants ont indiqué que les enfants dans les orphelinats n'ont souvent pas accès aux soins nécessaires de santé, à une nutrition, à l'attention et à des possibilités de jeu adéquates et qu’un grand nombre d’enfants ne reçoivent que peu ou pas d'éducation formelle. Le manque de soutien et de moyens de formation adéquats apportés aux employés des orphelinats, ainsi que leur nombre insuffisant, sont les principaux facteurs qui affectent leur traitement des enfants. Ceux-ci ont eu peu ou pas de véritables possibilités de chercher de l'aide ou de signaler un mauvais traitement.

Au regard du droit international, la Russie s'est engagée à protéger les enfants contre toutes les formes de violence et de négligence afin d'assurer que les enfants handicapés ne soient pas séparés de leurs parents contre leur gré, et à les protéger contre toutes formes de discrimination.

La Russie ne dispose pas d’un système fédéral pour placer les enfants handicapés dans des foyers ou des familles adoptives. HWR demande donc à la Russie de créer un plan assorti d'un calendrier pour mettre fin au placement des enfants handicapés en institution.

JCC

(Source : HWR)

Voir le rapport (en langue anglaise)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - handicap

France : scolarisation des enfants handicapés, beaucoup de chemin reste à faire

Il y a quelques jours, j’ai publié un billet sur la situation des enfants autistes face à l’école. Des internautes ont trouvé que j’étais trop restrictif alors que de nombreux enfants handicapés ont aussi des difficultés d’accès à l’école. Voici donc le point de la situation en cette rentrée scolaire 2014.

De manière générale, la scolarisation des enfants handicapés progresse chaque année de plus de 10 %. En France, 240 000 enfants en situation de handicap sont scolarisés aujourd'hui. Deux lois ont permis cette progression : celle du 11 février 2005 et celle du 8 juillet 2013, de refondation de l'école, qui garantissent que l'école est obligatoire pour tous les enfants et qu'elle doit s'adapter aux besoins spécifiques de tous les élèves.

Cependant la situation de nombreux enfants handicapés est loin d’être réglée et de nombreuses familles sont en souffrance. Que l'on parle d'enfants autistes ou plus globalement d'enfants handicapés, il existe deux types de problèmes. D'abord, une insuffisante adaptation des dispositifs existants, qu'il s'agisse des dispositifs accompagnant les enfants au sein de l'école ou ceux, plus spécifiques, comme les IME (Institut Médico Educatif). Ensuite, il y a une carence du nombre de places.

Par ailleurs, la France a été condamnée par le Conseil de l'Europe à propos de la scolarisation des enfants autistes, parce qu'elle a accumulé énormément de retard sur cette question. Enfin, le nombre d’AESH (Accompagnement des Enfants en Situation de Handicap), qui remplacent les AVS (Auxiliaires de Vie Sociale), est bien trop faible.

Quant à la réforme des rythmes scolaires qui s’est généralisée à toutes les écoles de France, elle pose encore le problème de la prise en charge des élèves handicapés lors des activités périscolaires car le statut des nouveaux AESH ne prévoit pas qu'ils accompagnent l'élève sur ces temps d’activités.

Bref, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour une réelle pris en charge des enfants handicapés dans le système scolaire.

JCC

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - handicap

L'association « Vaincre l'autisme » lance sa campagne « Le Grand Jour » pour rappeler à tous que la scolarisation de tout enfant âgé de 6 à 16 ans est obligatoire en France. Selon l’association, 40.000 enfants autistes continuent d'être écartés des écoles.

Toutefois, depuis la loi du 11 février 2005 sur les droits et les chances des personnes handicapées, une profonde évolution du système éducatif a été mise en place. Aucune école ne peut refuser l'intégration d'un enfant sous prétexte qu'il est handicapé.

Mais, selon l’association, l'effet d'annonce n'a duré que peu de temps, car, pour des raisons d'économies et de moyens humains, les pouvoirs publics cherchent à réduire les avantages donnés depuis 2005.

Pour les parents, scolariser un enfant autiste ressemble la plupart du temps à un parcours du combattant. Les familles se heurtent à des refus d'inscription dans certaines écoles, ainsi qu'aux difficultés pour trouver un(e) auxiliaire de vie scolaire (AVS) disponible et formé(e).

Selon les chiffres du Ministère de l'Éducation nationale, en 2012, seuls 20% des enfants autistes bénéficiaient d'une scolarisation en milieu ordinaire.

Pour rappel, l'autisme est un trouble du développement qui concerne 643.000 personnes dont 160.000 enfants, soit 8.000 naissances par an.

Voir le clip de l’association qui vise à sensibiliser les pouvoirs publics et la population. Cliquez ici.

JCC

(Source : Vaincre l’autisme)

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - handicap

France : les enfants handicapés exclus de la réforme des rythmes scolaires

Le Défenseur des droits (Dominique Baudis, aujourd’hui décédé) vient de rappeler les communes et l’Etat à leurs obligations : tenir compte des besoins spécifiques des élèves handicapés notamment dans les activités périscolaires.

Ce rappel vient renforcer les communes qui s’opposent à l’application de la réforme des rythmes scolaires pour la rentrée prochaine. En effet, avec cette réforme, les communes vont devoir prendre en charge les enfants, sur des temps d’école, dans le cadre des TAP (Temps d'Activités Périscolaires).

La scolarisation des enfants handicapés a progressé depuis la loi de 2005 sur le handicap, mais leur participation aux activités périscolaires est encore très faible. C'est ce que mettent en avant les résultats de l'appel à témoignages du Défenseur des droits sur les « temps de vie scolaire et périscolaire des enfants en situations de handicap » (voir article précédent).

Ainsi, 65 % des 1 146 familles ayant répondu à son questionnaire (entre octobre 2013 et janvier 2014) disent ne pas avoir accès aux activités de loisirs, culturelles ou sportives, organisées par les communes après la classe. Parmi elles, 53 % l'auraient pourtant souhaité. La moitié ne bénéficie pas de l'accueil le matin ; le tiers n'a pas accès à la cantine.

Dès 2012, le Défenseur des droits attirait l'attention du gouvernement tout en rappelant le principe d'égalité de traitement des enfants handicapés avec les autres enfants.

Les résultats confirment donc que les enfants handicapés ont très peu accès aux activités périscolaires. Les raisons principales identifiées sont :

- l’absence d'accompagnement et d’encadrement insuffisant. En effet, les auxiliaires de vie scolaire (AVS) ne sont présents que sur le temps scolaire.

- des activités inadaptées au handicap

- des problèmes de transport ou d'accessibilité de la structure.

Bien évidemment cette situation pèse lourdement sur les familles puisque 69 % d’entre-elles disent avoir dû renoncer à tout ou partie de leur activité professionnelle. Le Ministère de l'éducation nationale rappelle que, même s'il « s'en préoccupera au niveau local », ses responsabilités ne portent que sur le temps scolaire. Les communes soulignent leurs difficultés à mettre aux normes les locaux, et surtout à recruter du personnel formé et qualifié pour prendre en charge ces enfants. Bref, tout le monde se renvoie la balle !

Je reviendrais dans un prochain article sur la réforme elle-même.

JCC

(Source : Défenseur des droits)

Voir les résultats de l’enquête, publiés le 6 juin dernier sur le site du défenseur des droits.

Published by Jean-Charles Champagnat Jean-Charles Champagnat - - handicap

Hébergé par Overblog